L’Islande fascine par ses paysages bruts où glaciers, volcans et cascades se succèdent sur des distances relativement courtes. Pourtant, parcourir cette île de 103 000 km² représente un défi logistique que beaucoup de voyageurs sous-estiment. Entre routes asphaltées impeccables et pistes de gravier vertigineuses, entre stations-service espacées de 200 kilomètres et conditions météorologiques changeantes, chaque décision d’itinéraire influence profondément l’expérience de voyage.
Imaginez la frustration de perdre quatre heures de route simplement parce que vous avez choisi le mauvais sens de circulation autour de l’île. Ou le stress de voir votre jauge d’essence descendre dangereusement dans les fjords de l’Est, sans aucune station en vue. Ces situations, vécues par des milliers de touristes chaque année, sont pourtant évitables avec une préparation adéquate.
Cette ressource rassemble l’essentiel de ce que tout voyageur doit maîtriser avant de prendre la route islandaise : choix du véhicule adapté, planification des étapes, techniques de conduite spécifiques, utilisation des ferrys comme raccourcis stratégiques et optimisation de l’hébergement. Chaque aspect a été pensé pour transformer un simple déplacement en véritable expérience de découverte.
La planification d’un itinéraire en Islande ne ressemble à aucune autre. Les distances affichées sur Google Maps ne reflètent pas la réalité du terrain, et les conditions météorologiques peuvent bouleverser le programme le plus minutieux en quelques heures.
Cette décision apparemment anodine impacte considérablement votre expérience. Le sens anti-horaire (par le sud puis l’est) vous confronte d’abord aux sites les plus fréquentés du Cercle d’Or et de la côte sud, tandis que le sens horaire vous offre une montée en puissance progressive vers les fjords de l’Ouest, souvent considérés comme le point culminant du voyage. Les conditions météorologiques prévalentes viennent généralement de l’ouest, ce qui signifie que voyager dans le sens horaire vous fait souvent rouler dos aux intempéries.
L’erreur la plus répandue consiste à transposer ses habitudes de conduite européennes à l’Islande. Prévoir le double du temps indiqué par les applications de navigation dans les fjords n’est pas une exagération mais une nécessité. Les raisons sont multiples :
Un trajet de 300 kilomètres dans les fjords de l’Est peut facilement occuper une journée entière, là où la même distance sur la Route 1 du sud se parcourt en trois heures.
Le choix du véhicule détermine littéralement les routes que vous pourrez emprunter. L’Islande impose des restrictions légales strictes basées sur le type de véhicule.
La Route 1, également appelée Route Circulaire ou Hringvegur, fait le tour complet de l’île sur environ 1 332 kilomètres. Cette route entièrement asphaltée (à quelques exceptions près dans l’Est) est accessible à tout véhicule, y compris les citadines. Pour un circuit de 7 jours limité à cette route principale et aux sites accessibles depuis celle-ci, une voiture compacte suffit amplement et réduit considérablement le budget carburant.
Les routes marquées d’un F (pour Fjallvegur, routes de montagne) sont légalement interdites aux véhicules non équipés de quatre roues motrices. Ces pistes traversent les hautes terres centrales et donnent accès à des sites spectaculaires comme Landmannalaugar ou le volcan Askja. Au-delà de l’obligation légale, les conditions de ces pistes justifient pleinement cette restriction : traversées de rivières glaciaires, pentes abruptes sur terrain meuble, et absence totale d’assistance en cas de panne.
Même sur les routes principales, la conduite en Islande présente des particularités qui surprennent les conducteurs non préparés.
Les ponts à voie unique (einbreið brú) jalonnent de nombreuses routes islandaises. La règle est simple : le premier arrivé a la priorité, et l’autre véhicule doit attendre sur l’aire prévue à cet effet. Les statistiques montrent que ces ponts sont impliqués dans un nombre disproportionné d’accidents impliquant des touristes, principalement par méconnaissance de cette règle ou par distraction face au paysage.
Les routes de gravier à flanc de falaise, parfois sans barrières de sécurité, exigent une conduite adaptée :
Google Maps et autres applications calculent les temps de trajet sur la base de vitesses moyennes qui ne correspondent pas à la réalité islandaise. Dans les fjords, les routes contournent chaque crique, transformant 50 kilomètres à vol d’oiseau en 150 kilomètres de virages serrés. La solution pratique consiste à multiplier systématiquement par 1,5 à 2 le temps affiché pour tout trajet hors Route 1 principale.
Les fjords de l’Est comptent parmi les régions les moins peuplées d’Europe. Les stations-service y sont espacées de 150 à 200 kilomètres, et certaines ferment tôt le soir. La règle de survie est de ne jamais laisser descendre sa jauge sous la moitié du réservoir et de faire le plein systématiquement à chaque station rencontrée, même si le réservoir est encore aux trois quarts.
La traversée de rivières glaciaires constitue l’épreuve la plus redoutée des itinéraires sur pistes F. Chaque année, des véhicules sont emportés par le courant ou noyés par des conducteurs imprudents.
Le protocole de sécurité est non négociable : toujours sonder la rivière à pied avant d’y engager le véhicule. Cette reconnaissance permet d’évaluer la profondeur réelle (jamais au-dessus des genoux), la force du courant, et la nature du fond (rochers, sable mouvant). Les rivières glaciaires sont au plus bas le matin et montent significativement l’après-midi sous l’effet de la fonte.
Techniques essentielles pour la traversée :
Loin d’être de simples moyens de transport, les ferrys islandais transforment un trajet fastidieux en expérience mémorable tout en économisant parfois des heures de route difficile.
Le ferry Baldur relie Stykkishólmur à Brjánslækur en traversant la baie de Breiðafjörður. Cette traversée de trois heures remplace avantageusement trois heures de route sinueuse autour du fjord, tout en offrant des vues spectaculaires sur les milliers d’îlots de la baie. Le ferry Sæfari dessert quant à lui Grímsey, l’île habitée la plus au nord de l’Islande, représentant le seul lien régulier de cette communauté avec le continent.
En haute saison, se présenter au port sans réservation pour son véhicule relève du pari risqué. Les capacités sont limitées, et les ferries affichent complet des semaines à l’avance pour les traversées les plus demandées. La règle s’applique particulièrement au mois d’août, où la demande atteint son pic annuel.
La stratégie d’hébergement influence directement le rythme et le plaisir du voyage. L’erreur classique consiste à réserver un hôtel différent chaque soir, transformant les vacances en déménagement perpétuel épuisant.
Une approche plus sereine consiste à établir trois bases stratégiques (sud, est, nord par exemple) et à rayonner depuis celles-ci. Cette méthode évite les valises quotidiennes, permet d’explorer chaque région en profondeur, et offre la flexibilité d’adapter les excursions à la météo du jour.
Pour les hébergements situés en altitude ou sur des routes secondaires, particulièrement en période hivernale, une vérification préalable du déneigement des accès évite les mauvaises surprises. Un appel direct à l’établissement ou une consultation du site road.is permet de s’assurer que la route est praticable avant de s’y engager.
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