L’Islande concentre sur une surface équivalente à celle d’un petit pays européen une diversité géologique sans égale. Des volcans fumants aux glaciers millénaires, des fjords découpés aux plaines désertiques des Highlands, chaque région raconte une histoire différente de la Terre en formation.
Pour le voyageur qui découvre cette île de l’Atlantique Nord, la question n’est jamais de savoir s’il y a quelque chose à voir, mais plutôt comment prioriser ses choix face à tant de richesses naturelles et culturelles. Comprendre les spécificités de chaque région permet d’adapter son itinéraire à ses centres d’intérêt, qu’il s’agisse de géologie, d’observation animalière, d’histoire viking ou simplement de contemplation.
Cet article présente les grandes destinations islandaises, leurs caractéristiques distinctives et les questions pratiques à se poser avant de s’y aventurer. Que vous disposiez d’une semaine ou d’un mois, ces repères vous aideront à construire un voyage cohérent et mémorable.
L’Islande doit son existence aux volcans. Positionnée sur la dorsale médio-atlantique, l’île se trouve à la jonction de deux plaques tectoniques qui s’écartent d’environ deux centimètres par an. Cette activité incessante façonne un paysage en perpétuelle transformation, où les éruptions ont laissé des traces spectaculaires.
Sur le terrain, deux types de roches dominent et permettent de lire l’histoire géologique du paysage :
Les cratères présentent également des visages variés. Le Kerið, rempli d’eau turquoise, diffère radicalement du Hverfjall près de Mývatn, un cratère de tephra aux dimensions impressionnantes. Chacun offre des perspectives photographiques et pédagogiques uniques, permettant de comprendre les différents mécanismes éruptifs.
L’Islande connaît régulièrement des éruptions, et certaines zones volcaniques restent accessibles sous conditions strictes. La Protection Civile islandaise publie des bulletins réguliers sur l’état des volcans actifs. Observer les panneaux d’avertissement, vérifier les conditions météorologiques et suivre les chemins balisés constituent les règles fondamentales.
Le musée du volcanisme et le site de Heimaey dans les îles Vestmann permettent de comprendre ce que signifie vivre sous la menace permanente d’une éruption, avec des témoignages et des reconstructions saisissantes de l’éruption qui ensevelit une partie de la ville.
Environ 11% du territoire islandais est recouvert de glaciers, dont le Vatnajökull, plus grande calotte glaciaire d’Europe. Ces masses de glace alimentent des rivières puissantes, sculptent des vallées et créent des lagunes parsemées d’icebergs comme Jökulsárlón.
Pour les visiteurs souhaitant marcher sur un glacier, plusieurs langues glaciaires offrent des accès encadrés :
Ces randonnées se font exclusivement avec des guides certifiés équipés de crampons et de piolets. Les glaciers présentent des crevasses invisibles et des conditions changeantes qui rendent toute exploration solitaire extrêmement dangereuse.
Les Westfjords constituent la région la plus isolée d’Islande, une péninsule découpée par des dizaines de fjords où vivent quelques milliers d’habitants seulement. Cette situation géographique explique pourquoi de nombreux voyageurs hésitent à s’y aventurer : les distances sont longues, les routes parfois non asphaltées, et la météo capricieuse.
Pourtant, cette région concentre des trésors incomparables. La cascade de Dynjandi, considérée par beaucoup comme la plus belle d’Islande, dévale la montagne en plusieurs paliers majestueux. La plage de Rauðisandur étonne par son sable ocre, rare dans un pays dominé par le basalte noir.
Les artisans y ont trouvé refuge : céramistes, tisserands et producteurs locaux perpétuent des savoir-faire dans des ateliers nichés au fond des vallées. Les trouver demande parfois de l’initiative, mais la rencontre n’en est que plus authentique et mémorable.
Les fjords comme l’Ísafjarðardjúp ou Seyðisfjörður à l’est offrent des eaux calmes, idéales pour le kayak ou les sorties en bateau. Les débutants en navigation y trouvent des conditions plus clémentes que sur la côte exposée, permettant d’approcher la faune marine en toute sérénité.
Trois parcs nationaux structurent le patrimoine naturel islandais : Þingvellir, Snæfellsjökull et Vatnajökull. Chacun présente des caractéristiques distinctes et répond à des intérêts différents.
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, Þingvellir combine une importance historique exceptionnelle à un intérêt géologique majeur. C’est ici que fut fondé l’Alþingi en 930, l’un des plus anciens parlements du monde. C’est également ici que la faille entre les plaques eurasienne et américaine devient visible : des sentiers permettent littéralement de marcher entre deux continents.
Le site mérite plusieurs heures d’exploration pour appréhender ses différentes dimensions, de la faille de Silfra où l’on peut plonger entre les plaques aux vestiges du parlement viking.
Le parc national du Vatnajökull couvre environ 14% du territoire islandais, englobant le glacier du même nom et des paysages variés : déserts de sable noir, canyons vertigineux, cascades monumentales. Deux portes d’entrée principales s’offrent aux visiteurs :
Le choix entre ces accès dépend de l’itinéraire global, du temps disponible et du type de véhicule. Un 4×4 ouvre davantage d’options pour rejoindre certaines pistes intérieures.
L’Islande abrite une faune marine riche et des colonies d’oiseaux spectaculaires. L’observation respectueuse de ces espèces constitue un temps fort pour de nombreux voyageurs.
Les eaux islandaises accueillent une vingtaine d’espèces de cétacés. La baleine à bosse reste la plus fréquemment observée, avec des comportements parfois spectaculaires incluant des sauts hors de l’eau. Húsavík, dans le nord, affiche des taux de réussite d’observation particulièrement élevés, tandis que Reykjavik offre des sorties plus courtes pour les voyageurs pressés.
Les orques, plus difficiles à repérer, peuvent parfois s’observer depuis la terre ferme dans certaines zones de la côte ouest. Patience et jumelles sont alors indispensables, mais l’expérience d’une observation terrestre possède une intensité particulière.
Les falaises islandaises accueillent entre mai et août des millions d’oiseaux nicheurs, dont les célèbres macareux moines. Les observer sans les déranger implique de respecter les distances, d’éviter les gestes brusques et de privilégier les heures calmes.
Les îles Vestmann et les falaises de Látrabjarg dans les Westfjords comptent parmi les sites les plus réputés. Le ferry vers les Vestmann permet également d’observer dauphins et oiseaux en mer durant la traversée.
Au-delà des paysages naturels, l’Islande conserve les traces d’une histoire millénaire. La ferme reconstituée de Stöng permet de comprendre les conditions de vie rudes des Vikings autour de l’an 1000, avec ses murs de tourbe et son organisation domestique spartiate.
Les sites mentionnés dans les sagas islandaises invitent à lire ces récits sur les lieux mêmes où ils se sont déroulés. Borgarnes abrite un centre d’interprétation remarquable sur la saga d’Egill, tandis que la vallée de Njáll près de Hvolsvöllur permet de parcourir le théâtre de l’une des plus grandes tragédies de la littérature médiévale.
Les petits musées de pêcheurs disséminés le long des côtes, souvent modestes mais tenus par des passionnés, offrent une plongée dans l’économie et les traditions qui ont façonné l’île. Ces pépites méritent qu’on s’y arrête malgré leur discrétion.
L’intérieur de l’Islande, les Highlands, reste inaccessible une grande partie de l’année. Les routes F, non asphaltées et jalonnées de gués, exigent un véhicule 4×4 et une expérience de conduite tout-terrain. La F208 sud vers Landmannalaugar et la F88 vers le Herðubreið présentent des difficultés variables selon les conditions saisonnières.
Pour les îles, plusieurs options s’offrent aux voyageurs :
L’observation des aurores boréales nécessite une obscurité suffisante et un ciel dégagé vers le nord. Fuir la pollution lumineuse de Reykjavik améliore significativement les chances de succès, que ce soit vers le phare de Grótta ou dans les régions rurales où l’horizon reste dégagé.
Pour la détente, les sources chaudes abondent en Islande. Le Blue Lagoon propose des prestations médicales et cosmétiques dans un cadre sophistiqué, tandis que les Myvatn Nature Baths offrent une expérience plus locale et des eaux aux propriétés minérales différentes. Le choix dépend de l’objectif recherché : soin thérapeutique, relaxation ou immersion culturelle.
L’Islande se découvre ainsi région par région, chaque territoire apportant sa contribution à la compréhension de cette île singulière. Des volcans fumants du Krafla aux fjords silencieux de l’Ouest, des glaciers craquelés aux fermes vikings reconstituées, la diversité impose des choix mais garantit que chaque itinéraire soit unique.